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Algérie. Les opposants se coordonnent pour réclamer le départ d’Abdelaziz Bouteflika

Des personnalités ont publié une « plateforme pour le changement ». Elles exigent que le président n’aille pas au-delà de son mandat, censé expirer le 28 avril.

Une coordination nationale réunissant des dirigeants politiques, des membres de l’opposition et des militants a appelé mardi le président algérien Abdelaziz Bouteflika à quitter ses fonctions à la fin de son mandat le 28 avril.

Dans un texte baptisé « plateforme pour le changement » en Algérie, cette coordination nationale demande également à l’armée de ne pas s’ingérer dans le processus de transition politique en cours.

Ils demandent la démission du gouvernement

Ce groupe réunit des personnalités comme l’avocat Mustapha Bouchachi, l’opposant Karim Tabou et l’ancien ministre du Trésor Ali Benouari mais également Mourad Dhina et Kamel Guemazi qui appartiennent à une formation islamiste déclarée illégale. La seule femme de ce groupe est Zoubida Assoul, dirigeante d’un petit parti politique.

« Bouteflika a foulé aux pieds la Constitution en décidant de prolonger son quatrième mandat », explique la coordination nationale qui appelle le gouvernement à démissionner pour répondre aux grandes manifestations qui se déroulent dans le pays depuis plus de trois semaines. Elle propose la tenue d’élections à la fin d’une période de transition.

Ce groupe politique appelle également l’armée à jouer son rôle constitutionnel et à ne pas s’ingérer dans le « choix du peuple ».

Bouteflika mise sur une conférence nationale

Refusant de céder à la pression de la rue, Abdelaziz Bouteflika entend rester en fonction jusqu’à l’élaboration d’une nouvelle Constitution qui sera soumise à référendum. Le chef de l’État, âgé de 82 ans et très diminué depuis un AVC en 2013, souhaite conserver son poste après l’expiration de son quatrième mandat fin avril alors que l’élection présidentielle a été reportée.

Abdelaziz Bouteflika réaffirme sa volonté de mettre en place un plan de transition politique prévoyant la tenue d’une conférence nationale chargée de mettre en œuvre des réformes et notamment une nouvelle loi fondamentale, avant l’élection d’un nouveau président.

L’armée se présente comme un « rempart du peuple et de la Nation »

Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général Ahmed Gaïd Salah, a fait entendre sa voix lundi pour assurer que l’armée algérienne demeurait « le rempart du peuple et de la Nation ».

L’armée a souvent joué un rôle déterminant en coulisses lors des moments décisifs dans l’histoire du pays. En 1992, elle avait annulé les élections que les islamistes s’apprêtaient à remporter déclenchant une guerre civile qui a fait quelque 200 000 morts.

Depuis la Russie, le vice-Premier ministre promet des gages

Abdelaziz Bouteflika a accepté de céder le pouvoir à un nouveau président élu, a déclaré mardi le nouveau vice-Premier ministre algérien Ramtane Lamamra, s’exprimant devant la presse à Moscou où il est en visite.

L’opposition aura la possibilité de participer au contrôle de l’élection au sein d’une conférence nationale chargée de réformer le système politique en Algérie, a ajouté Ramtane Lamamra aux côtés du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Le gouvernement algérien a répondu aux attentes populaires qui s’expriment depuis plus de trois semaines au travers de grandes manifestations dans l’ensemble du pays, a-t-il ajouté.

De son côté, Sergueï Lavrov a déclaré que la Russie soutenait l’initiative du gouvernement algérien d’engager des discussions avec l’opposition. Le chef de la diplomatie russe a exprimé son inquiétude face aux risques de déstabilisation que présentent, selon lui, les manifestations contre le président Bouteflika.

Étudiants et professionnels de santé dans la rue

Ce mardi toujours, plusieurs milliers d’étudiants, d’enseignants et de professionnels du secteur de la santé se sont rassemblés dans la capitale algérienne pour demander le départ de Bouteflika. « Nous n’arrêterons pas de faire pression tant qu’il ne sera pas parti », a promis Ali Adjimi, un étudiant de 23 ans.

« Nous sommes fatigués de ce système et nous voulons qu’il disparaisse pour toujours », a déclaré un médecin, Djilali Bahi. « Le peuple et l’armée ensemble », proclamait une banderole dans le cortège.

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